Décès d’Annette Bon, secrétaire générale de l’association des Amis de Jean Zay

Notre amie Annette Bon vient de nous quitter.

Née en 1938 à L’Isle-sur-la-Sorgue dans le Vaucluse, au moment historique dramatique du démembrement de la Tchécoslovaquie, Annette est la fille aînée d’une assistante sociale, chef de chorale et organiste, et d’un entrepreneur en exploitation forestière et transformation du bois. Elle fréquente l’école primaire, puis le cours complémentaire et le lycée de jeunes filles d’Avignon, puis le lycée Fénelon en hypokhâgne et khâgne. Admise à l’Ecole normale supérieure de Sèvres quand la France change de régime en 1958, elle obtient la licence d’histoire-géographie, le certificat d’études grecques, puis est reçue à l’agrégation, après un DES sur Aubervilliers, au moment des accords d’Evian de l’été 1962.

Elle enseigne d’abord pendant quatre ans à l’École normale d’institutrices d’Amiens. Entrée en contact avec l’Institut pédagogique national (IPN) à la fois par les Cahiers pédagogiques et par son professeur de philosophie de khâgne, elle est nommée en 1966 dans cet institut en qualité de responsable des programmes de radio et de télévision pour la formation des enseignants, puis en 1970, affectée à l’Office français des techniques modernes d’éducation (OFRATEME), directrice adjointe du département des actions éducatives, avec des responsabilités élargies aux programmes, à la formation des maîtres et aux actions multimédias. Chargée de mission auprès du directeur général du Centre national de la documentation pédagogique (CNDP), elle s’occupe des relations entre l’éducation, la radio et la télévision et de l’opération « Jeune téléspectateur actif ». De 1985 à 1987, elle est directrice pédagogique du CNDP. En 1987, à nouveau chargée de mission, elle fait, pour le Ministère de la communication et le Secrétariat d’État à l’enseignement technique, un rapport sur les médias, la télévision, l’éducation. En 1991, elle passe à l’Institut national de recherche pédagogique (INRP) comme maître de recherches, chargée des relations avec les instituts de formation : Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM), Mission académique de formation des professeurs de l’Éducation nationale (MAFPEN), et au transfert de la recherche dans la formation.

Militante, responsable académique de la Jeunesse étudiante chrétienne féminine (JECF), elle découvre la guerre d’Algérie, une des motivations de son adhésion syndicale. Membre du bureau de l’Association générale des prépas littéraires et artistiques, elle fait partie du cartel des ENS, affilié à l’UNEF, proche du PSU et de Michel Rocard. Elle suit également les débats de la revue Esprit, animés par Paul Ricoeur. Responsable à l’ENS du groupe « Tala » elle s’intéresse aux « pays sous-développés » et fonde le groupe « Économie et humanisme » et participe aux Cahiers pédagogiques.

En 1959, fondatrice d’une section SGEN-ENS, elle est invitée par Paul Vignaux aux réunions du groupe Reconstruction, et y rencontre Jacques Julliard et Antoine Prost. Secrétaire de la section SGEN de l’École normale d’Amiens, elle participe en mai 1965 au bureau national élargi des Écoles normales, et elle est la première secrétaire académique d’Amiens, tout en siégeant au comité national du SGEN et à la commission de défense du service public.

Après Mai 68, elle accompagne les secrétaires nationaux des premier et second degrés, lors de l’audience du 2 octobre 1968, auprès des inspecteurs d’académie chargés de mission au cabinet du ministre pour les réformes pédagogiques et la formation des maîtres ; elle représente l’Institut pédagogique national (IPN) et les écoles normales. Elue du Comité technique paritaire (CTP) de l’IPN, puis au conseil d’administration de l’OFRATEME, puis en 1976 celui du CNDP, enfin à celui de l’INRP de 1991 à 2000, elle choisit ensuite de laisser la place aux jeunes, tout en militant au comité français « L’Europe à l’école ».

Au sein des Amis de Jean Zay et de Marcel Abraham, elle a été notre infatigable et passionnée secrétaire générale de l’association, à la demande de Francine Best et d’Antoine Prost, se chargeant tout particulièrement du prix Jean Zay.

Annette Bon a été une fidèle amie de Jean Zay et de Marcel Abraham. Nous lui devons toute notre reconnaissance.

A sa famille, à ses proches et à ses amis, nous présentons, au nom de nos deux associations, nos plus sincères condoléances.

Pierre ALLORANT et Isabelle KLINKA-BALLESTEROS

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