Pour l’université « Orléans-Jean Zay »

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70 ans après son assassinat par la Milice antisémite et antirépublicaine du régime de Vichy, le grand Orléanais Jean Zay va entrer au Panthéon en mai 2015.
Et dans sa ville natale, quelle trace, quel geste pour témoigner de l’attachement aux valeurs qu’il incarne ? Si une œuvre d’art à sa mémoire est en préparation, si « le festival de Cannes 1939 », voulu et conçu par Jean Zay, aura bien lieu… à Orléans à l’automne 2015, comment l’université dont il a été le ministre et qu’il a profondément réformée, pourrait-elle lui témoigner sa reconnaissance tout en se tournant vers l’avenir ?
A l’occasion des 70 ans du CNRS, son président national, Alain Fuchs, est venu rendre, ce 11 février à Orléans, un hommage solennel à son fondateur, sur le campus scientifique crée il y a un demi-siècle par un maire d’Orléans issu de la Résistance, de Libération-Nord, gaulliste visionnaire et ami de jeunesse de Jean Zay : Roger Secrétain. Un tel hommage renforce la détermination d’un nombre grandissant de chercheurs et d’enseignants-chercheurs à marquer leur reconnaissance à son œuvre et leur volonté de lier le nom de Jean Zay à l’université de la ville qu’il a tant aimée.
Le moment que nous vivons est particulier. La confiance dans la jeunesse, dans son éducation, son accès à la culture, à la création, à une science libérée d’un utilitarisme à courte vue, est essentielle. Passionnément républicain et laïc, avocat au barreau d’Orléans, journaliste, écrivain, grand ministre de l’Education nationale et des Beaux-Arts, homme d’Etat antimunichois, Résistant lié à l’Organisation Civile et Militaire, Jean Zay a porté une certaine idée de la recherche et de l’université française : accès démocratisé, création des œuvres sociales, développement de la vie étudiante à travers médecine préventive, logement et restauration, volonté d’ouvrir à tous les talents le recrutement des élites politiques et administratives, projet que reprendront à la Libération Michel Debré et Jean-Marcel Jeanneney avec l’ENA.
Au moment où l’université d’Orléans entreprend de resserrer toujours davantage sa coopération avec les grands organismes de recherche qui partagent son grand campus, au moment où elle s’engage dans une très vaste communauté inter-régionale d’universités et d’établissements du Centre-Atlantique, la nécessité de renforcer son ancrage territorial et de réaffirmer son enracinement dans les valeurs de laïcité et de fraternité est encore plus impérieuse.
A l’instar de l’université de Toulouse, qui vient d’associer le patronyme de Jean Jaurès à sa dénomination, nous, signataires de cet appel, proposons qu’une délibération soit soumise, en ce printemps 2015, aux administrateurs du CA de l’université d’Orléans afin qu’elle s’appelle désormais, à compter du 1er septembre prochain, « université d’Orléans-Jean Zay ».

Pierre Allorant

2 thoughts on “Pour l’université « Orléans-Jean Zay »

  1. Un nom pour l’Université d’Orléans, c’est OUI ! Après Jean JAURES à TOULOUSE, j’attendais un nom de femme pour Orléans ! Mais je vois sourire Pierre ALLORANT ! jEANNE a déjà son cheval alors des femmes à belle personnalité il y en a à Orléans ? Pour répondre à la question, je suis bien évidemment d’accord avec l’attribution du nom de Jean ZAY à notre Université d’Orléans. J’attends le même combat pour l’attribution d’un nom de femme aux rues, aux places, aux amphis, aux facultés ! Actuellement, c’est le désert, alors un peu de courage !

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